Sommaire10 sections
- Ce que cela change pour vous
- L’énergie fait plus de la moitié de la hausse
- Tomates et courgettes à +35,8 %
- Pourquoi le chariot de supermarché baisse malgré tout
- Services et sous-jacente : la hausse se diffuse
- Les ménages modestes à +3,3 %
- Les chiffres à retenir
- Smic et pensions : ce que cet indice déclenche
- Conditions à connaître
- Sources et vérifications
L’Insee a confirmé jeudi 15 octobre ce que son estimation provisoire laissait entrevoir : les prix à la consommation ont augmenté de 3,1 % sur un an en septembre 2026, après +2,4 % en août. Le chiffre définitif est même relevé de 0,1 point par rapport aux 3,0 % annoncés le 30 septembre. L’inflation est au plus haut depuis janvier 2024, où elle atteignait déjà 3,1 %. La hausse vient avant tout de l’énergie, dont les prix grimpent de 21,3 % sur un an, puis de l’accélération des services (+2,4 % après +1,9 % en août). Les produits frais, à +9,5 %, pèsent peu dans le panier de l’Insee mais se voient beaucoup dans le chariot. À l’inverse, les produits d’épicerie, d’entretien et d’hygiène vendus en grande distribution coûtent 0,3 % de moins qu’un an plus tôt.
Sur un seul mois, les prix reculent de 0,3 %, un mouvement saisonnier : après l’été, les services d’hébergement (-15,0 %) et de transport (-9,8 %) se replient, explique l’Insee. Corrigés de ces variations saisonnières, les prix progressent en réalité de 0,8 % sur le mois. L’énergie, elle, augmente pour le troisième mois consécutif (+3,9 % en septembre).
L’énergie fait plus de la moitié de la hausse
Le détail du rebond énergétique est brutal. Sur un an, les produits pétroliers renchérissent de 36,2 %, le gazole de 44,1 %, l’essence de 25,7 % et le fioul (combustibles liquides) de 64,6 %. Le gaz suit à +19,0 %. Seule l’électricité reste presque stable, à +1,4 %. Une partie de ces pourcentages tient à un effet de base : en septembre 2025, l’énergie baissait encore de 4,4 % sur un an.
Avec un poids de 7,64 % dans le panier de l’Insee, l’énergie apporte à elle seule environ 1,6 point aux 3,1 % d’inflation, selon un calcul approché d’Actu.shop (pondération multipliée par la hausse, hors effets de chaînage). Les services, qui pèsent plus de la moitié du panier et augmentent de 2,4 %, en apportent environ 1,25 point. Le reste vient de l’alimentation et du tabac.
À la pompe, la traduction est directe. D’après les prix moyens hebdomadaires du ministère de la Transition écologique (France métropolitaine hors Corse), le litre de gazole valait 2,3255 euros en moyenne en septembre 2026 contre 1,6067 euro un an plus tôt. Un plein de 50 litres revenait donc à 116,27 euros, soit 35,94 euros de plus qu’en septembre 2025 (calcul Actu.shop sur ces moyennes officielles). Pour le SP95-E10, passé de 1,6863 à 2,1224 euros le litre, le surcoût atteint 21,80 euros par plein de 50 litres. Le relevé du vendredi 9 octobre montre un léger reflux du gazole, à 2,3283 euros, après un pic à 2,3834 euros le 18 septembre ; le flux instantané des stations affichait toutefois 2,3535 euros en moyenne le 15 octobre (4 903 stations ayant actualisé leur prix, données ouvertes du ministère de l’Économie).
Deux mesures viennent amortir le choc. L’aide de 100 euros aux travailleurs « grands rouleurs » est reconduite pour octobre à décembre 2026 et versée à partir de ce vendredi 16 octobre, sans démarche, à ceux qui ont touché la précédente ; les nouveaux bénéficiaires pourront la demander en ligne à partir du 27 octobre. Rapportée aux 36 euros de surcoût par plein, elle en compense un peu moins de trois. Bercy a par ailleurs annoncé le 7 octobre la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques, pour une baisse estimée « entre 12 et 18 centimes par litre » pendant trois mois, soit 6 à 9 euros sur un plein de 50 litres, uniquement pour le gazole.
Tomates et courgettes à +35,8 %
Au rayon frais, l’Insee invoque « l’effet des vagues de chaleur ». Les produits frais augmentent de 9,5 % sur un an, après +5,9 % en août et +3,8 % en juillet. Les légumes à fruits (tomates, courgettes, etc.) bondissent de 35,8 % sur un an, avec +17,7 % sur le seul mois de septembre. Les autres légumes frais (carottes, oignons, poireaux) sont à +5,6 % et les autres fruits frais (melons, pastèques) à +9,9 %. À composition inchangée, 100 euros de produits frais payés en septembre 2025 en coûtaient 109,50 en septembre 2026, et 20 euros de tomates et courgettes 27,16. Tous les paniers cités dans cet article sont des illustrations calculées par Actu.shop à partir des indices de l’Insee, pas des relevés en magasin.
Le reste de l’alimentation est beaucoup plus calme : hors produits frais, les prix n’augmentent que de 0,4 % sur un an, comme en août. La viande ralentit (+1,9 %), le pain et les céréales baissent (-0,4 %), les huiles et graisses aussi (-1,2 %). Au total, l’alimentation progresse de 1,4 % sur un an, un chiffre revu de 0,1 point à la baisse par rapport au provisoire.
Pourquoi le chariot de supermarché baisse malgré tout
Le -0,3 % de la grande distribution ne contredit pas les 3,1 % d’inflation : c’est une question de champ. L’indice de l’Insee, refondu en 2026 et calculé à partir des données de caisse des supermarchés, hypermarchés et multi-commerces de métropole, ne couvre que les produits d’alimentation industrielle (-0,2 % sur un an), d’entretien et d’hygiène-beauté (-0,4 %). Ce champ pèse 8,28 % du panier total. Il exclut les fruits et légumes frais, la viande à la coupe, mais aussi le carburant, le gaz, les assurances ou les billets d’avion, qui portent la hausse de septembre. Sur un mois, ces prix de rayon reculent même de 0,4 %.
Pour un client, 100 euros de courses d’épicerie, d’entretien et d’hygiène payés en septembre 2025 en coûtaient 99,70 en septembre 2026. Le choix du magasin pèse bien davantage : dans son palmarès du 8 septembre, Que Choisir relevait un surcoût moyen d’environ 20 euros sur un panier de 150 euros entre Auchan, enseigne la plus chère, et E.Leclerc, la moins chère.
Poste par poste, voici comment le chiffre définitif se compare au provisoire et à la situation un an plus tôt (glissements annuels, Insee) :
| Poste | Sept. 2025 | Provisoire | Définitif |
|---|---|---|---|
| Ensemble | +1,2 % | +3,0 % | +3,1 % |
| Alimentation | +1,7 % | +1,5 % | +1,4 % |
| dont produits frais | +1,6 % | +9,9 % | +9,5 % |
| Énergie | -4,4 % | +21,2 % | +21,3 % |
| Produits manufacturés | -0,4 % | -0,3 % | -0,3 % |
| Services | +2,4 % | +2,2 % | +2,4 % |
| Tabac | +4,1 % | +3,3 % | +3,3 % |
La révision de +0,1 point sur l’ensemble vient surtout des services, relevés de 0,2 point ; les produits frais, eux, ont été revus de 0,4 point à la baisse.
Services et sous-jacente : la hausse se diffuse
Les services accélèrent à +2,4 % sur un an, portés par les transports (+5,1 %, dont l’aérien à +10,0 %), l’hébergement (+4,9 %) et les assurances (+4,4 %). Les produits manufacturés continuent de baisser (-0,3 %), avec des reculs marqués sur les produits de santé (-2,3 %) et les accessoires pour véhicules (-2,5 %). L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix les plus volatils et les tarifs publics, remonte à 1,5 % après 1,1 %, signe, selon notre lecture, que la hausse commence à se diffuser au-delà de l’énergie.
Les ménages modestes à +3,3 %
L’Insee calcule aussi un indice pour les ménages du premier quintile, c’est-à-dire les 20 % de ménages au niveau de vie le plus faible (revenu rapporté au nombre d’unités de consommation), hors tabac. Pour eux, l’inflation atteint 3,3 % sur un an, contre 3,1 % pour l’ensemble des ménages hors tabac : l’indice est calculé avec leurs propres coefficients budgétaires, issus de l’enquête Budget des familles, dans lesquels l’énergie et l’alimentation pèsent généralement davantage. Sur 1 000 euros de consommation courante d’il y a un an, le surcoût est de 33 euros pour ces ménages contre 31 euros en moyenne.
Smic et pensions : ce que cet indice déclenche
C’est précisément l’indice du premier quintile hors tabac qui sert de référence au Smic. Celui-ci est revalorisé chaque 1er janvier et, en cours d’année, automatiquement dès que cet indice gagne 2 % depuis la dernière fixation. Le Smic a été relevé le 1er juin 2026 (arrêté du 22 mai) à 12,31 euros brut de l’heure (1 867,02 euros par mois), soit +2,41 % par rapport aux 12,02 euros de janvier. Le taux de la revalorisation du 1er janvier 2027 n’est pas connu : il dépendra de l’indice des prix du premier quintile publié d’ici novembre et de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base des ouvriers et employés. Nous n’avons pas pu vérifier si le seuil de 2 % est proche.
Pour les pensions de base, la règle en vigueur (article L. 161-25 du code de la sécurité sociale) prévoit une revalorisation au 1er janvier égale à l’évolution de la moyenne annuelle des prix hors tabac sur les douze derniers indices mensuels publiés ; elle avait donné +0,9 % au 1er janvier 2026. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 contient toutefois, à son article 35, une « dérogation exceptionnelle » : la revalorisation à hauteur de l’inflation ne serait garantie qu’aux retraités dont la pension totale est inférieure à 1 260 euros par mois (6,1 millions de personnes) ; au-dessus, un décret pourrait fixer une hausse « égale à l’inflation ou plus faible ». Ce texte n’est pas voté : la règle actuelle s’applique jusque-là.
Autre dossier lié au budget alimentaire, la proposition de loi sur le titre-restaurant a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 12 octobre, par 87 voix pour, 0 contre et 15 abstentions selon le décompte du site Datan, qui reprend les données ouvertes de l’Assemblée. Le texte a été transmis au Sénat le 13 octobre ; son dossier législatif n’affichait aucune date d’examen au 15 octobre.
Prochain rendez-vous le 30 octobre à 8h45 pour l’estimation provisoire d’octobre, puis le 13 novembre pour le chiffre définitif, le dernier qui entrerait dans le calcul des pensions de janvier si la règle actuelle est maintenue, selon notre lecture de la circulaire Cnav.
Sources et vérifications
Les adresses ci-dessous sont affichées en clair et ne sont pas des liens cliquables : copiez-les pour consulter les documents d'origine.
-
Insee, Informations rapides n° 247, indice des prix à la consommation, résultats définitifs de septembre 2026
Source officielle
URLhttps://www.insee.fr/fr/statistiques/9080209 -
Insee, Informations rapides n° 242, indice des prix à la consommation, résultats provisoires de septembre 2026
Source officielle
URLhttps://www.insee.fr/fr/statistiques/9056956 -
Insee, données complémentaires de l'IR IPC de septembre 2026 (indices détaillés)
Source officielle
URLhttps://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/9080209/Donn%C3%A9es%20Compl%C3%A9mentaires%20IR%20IPC%20septembre%202026.zip -
Insee, « Indice des prix à la consommation : les changements de l'année 2026 »
Source officielle
URLhttps://www.insee.fr/fr/statistiques/documentation/IPC-operations-changement-annee-2026.pdf -
Insee, « La méthode en bref : indice des prix à la consommation », février 2026
Source officielle
URLhttps://www.insee.fr/fr/statistiques/documentation/IPC_Note-methodologique-en-bref-2026.pdf -
Insee, note méthodologique sur l'indice des prix des ménages du premier quintile
Source officielle
URLhttps://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/fichier/IPC_1_quintile_distribution_niveaux_vie.pdf -
Insee, description de l'indicateur « Indice des prix à la consommation »
Source officielle
URLhttps://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1653/description -
Insee, « Smic », montants et historique des revalorisations
Source officielle
URLhttps://www.insee.fr/fr/statistiques/1375188 -
service-public.gouv.fr, fiche F2300 « Smic (salaire minimum de croissance) »
Source officielle
URLhttps://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2300 -
Cnav, circulaire n° 2025-29 du 22 décembre 2025, revalorisation au 1er janvier 2026
Source institutionnelle
URLhttps://legislation.lassuranceretraite.fr/Pdf/circulaire_cnav_2025_29_22122025.pdf -
securite-sociale.fr, PLFSS 2027, annexe 9, article 35 (dérogation aux modalités de revalorisation des pensions)
Source officielle
URLhttps://www.securite-sociale.fr/files/live/sites/SSFR/files/medias/PLFSS/2027/annexe-9.pdf -
impots.gouv.fr, extension de l'aide de 100 euros pour les travailleurs « grands rouleurs »
Source officielle
URLhttps://www.impots.gouv.fr/node/28496 -
Ministère de l'Économie, communiqué n° 1098 du 7 octobre 2026 sur la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole
Source officielle
URLhttps://presse.economie.gouv.fr/le-gouvernement-met-sur-le-marche-10-millions-de-barils-de-diesel-pour-une-baisse-de-prix-estimee-a-de-12-a-18-centimes-du-litre/ -
Ministère de la Transition écologique, prix des produits pétroliers (prix moyens hebdomadaires TTC)
Source officielle
URLhttps://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/prix-produits-petroliers -
data.economie.gouv.fr, prix des carburants en France, flux instantané
Source officielle
URLhttps://data.economie.gouv.fr/api/explore/v2.1/catalog/datasets/prix-des-carburants-en-france-flux-instantane-v2/records?select=avg(gazole_prix)%20as%20gazole_moy%2Ccount(*)%20as%20n&where=gazole_maj%3E%3D%222026-10-14%22&limit=1 -
Assemblée nationale, dossier législatif de la proposition de loi sur le titre-restaurant
Source officielle
URLhttps://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/moderniser_fonctionnement_titre_restaurant_17e -
Sénat, dossier législatif ppl26-032 « Moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant »
Source officielle
URLhttps://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl26-032.html -
Datan, scrutin n° 8693 du 12 octobre 2026 (données ouvertes de l'Assemblée nationale)
Source institutionnelle
URLhttps://datan.fr/votes/legislature-17/vote_8693 -
Que Choisir, « Palmarès des supermarchés : les enseignes les moins chères »
Source institutionnelle
URLhttps://www.quechoisir.org/breve-palmares-des-supermarches-les-enseignes-les-moins-cheres-n132194/